A la découverte de Kahino !
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Dernière mise à jour le : 29 avril 2011
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Chapitre 39 : Terreur primitive
Fabien Josse était stupéfié, paralysé et pétrifié par ce qu'il venait d'entendre. Les mots d'Andy Horter lui avaient glacé le sang. Et malgré cet état second, une foule de questions se pressaient sur sa langue. Reprenant un peu d'aplomb, il parvint à les lâcher, tel un barrage cédant à la trop forte pression de l'eau. Tout y passa: Comment se fait-il que même les employés n'aient pas été mis au courant ? Pourquoi seulement lui avait été appelé alors que l'agence entière aurait dû être au courant ? Comment était-il possible que l'agence de renseignement la plus expérimenté du territoire puisse être cambriolée ?
- Vos questions m'épuisent car j'y ai déjà répondu auparavant. Je ne sais rien et je pars de zéro. Ce que je veux, c'est que vous enquêtiez seul sur cette disparition. Si l'affaire s'ébruite, l'agence risque de perdre son prestige et d'être entrainée dans une grave crise. C'est pour cette raison que je n'ai fait appel aux autres enquêteurs de la troupe. Si c'est une personne qui s'en occupe, elle doit être discrète et maligne. Vous êtes l'homme de la situation Fabien, je compte sur vous.
- Que dois-je faire de l'enquête que je dirige concernant un risque atomique provenant d'une organisation d'Hoenn ?
- Donnez la à quelqu'un d'autre en lui fournissant les détails. Cette enquête est passée secondaire. Votre priorité, c'est la Couronne Améthysée.
Fabien déglutit: jamais il n'avait eu une aussi grande responsabilité. Il ne pouvait pas refuser cette enquête, mais il aurait préféré être chargé du vol de légume du 5ème arrondissement de Métropolis plutôt que mener cette enquête dangereuse sans aucune aide, avec pour seul indice la conviction que l'homme ayant opéré faisait sûrement partie d'une grande organisation, et était probablement un membre de l'AGPT.
* *
Une goutte d'eau frappa le front de Romain. Celui-ci se réveilla en sursaut en se demandant quel était le mauvais plaisantin osant s'attaquer à son sommeil. Il comprit en regardant le ciel, que cette personne avait les moyens de faire des blagues peu accommodantes. La lune, qui avait pourtant achevé sa phase pleine la nuit dernière et devait être à son apogée lumineuse, était absente du ciel noir. Le temps fit son office et permit à Romain de distinguer quelques rayons perçant une épaisse couche nuageuse. Une autre goutte frappa sa main. Romain décida de réveiller Simon en vitesse avant de finir trempés et avec une belle pneumonie. Ce n'était pas la première fois que nos héros subissaient les colères de la natures durant leur voyage, mais ils n'avaient jamais été réveillés en pleine nuit par un orage, et celui-ci paraissait être mémorable. De plus, juchés sur le sol rocailleux et pentus de la route 3, les deux acolytes risquaient bels et bien de tomber si le sol devenait glissant et de finir leur voyage ici, si ils chutaient de trop haut. Romain eu rapidement raison du sommeil de Simon et l'intima à ranger ses affaires pour aller s'abriter au plus vite. Alors qu'ils eurent finis de plier bagage, la bruine s'intensifia, faisant violence et devenant pluie. De graves grondement se faisaient entendre à la cime des pics, et les vallées abruptes les faisaient résonner avec violence.
- Il ne faut pas que l'on reste à la merci des éclairs, cria Romain afin de couvrir le craquement sinistre d'un éclair qui frappa non loin d'eux.
Alors qu'ils descendaient avec rapidité le dévers rocheux, la pluie se renouvela de violence, devenant tempête. La violence des gouttes leur permettait de s'immiscer dans leur vêtement, allant chercher leur peau et de coller le fin tissu cotonneux de leurs habits estivaux. Cette infiltration alourdissait considérablement le poids de leurs habits et rendait leurs déplacements lourds et maladroits. Les gouttes frappaient le sommet de leur crâne avec violence et glissaient dans l'encolure de leurs T-shirt tout en décrivant un lancinant trajet passant par les tempes, les joues, les bordures de leurs lèvres et la rondeur de leur cou. Les éclairs frappaient en rythme sous la mélodie pluviale, passant des grosses gouttes barytons aux gouttelettes soprani. La puissance sonore des flèches lumineuses devenait de plus en plus intense: le centre de l'orage se rapprochait, tambour battant et éclairs tonnants. Le sol devenait glissant et dangereux. Sous le ballet infernal des éclairs, les deux amis se rendirent compte avec effrois que l'orage avait commencé depuis bien longtemps en amont: de l'eau s'écoulait en quantité des escarpements aux abords de la route. En regardant leurs pieds, ils virent l'eau couler entre leurs pas et dépasser la hauteur de leurs semelles. Le débit de l'eau était effroyable et s'accentuait minutes après minutes. A la lueur des éclairs, Simon et Romain virent des abris propices à leur offrir l'hospitalité dont-ils avaient besoin, mais ils étaient trop peu en hauteur par rapport à la route et les deux amis durent abandonner mainte fois l'idée de s'y abriter, sous peine de finir la nuit avec de l'eau jusqu'aux genoux.
Les chaussures de Romain crissaient à chaque pas et déversaient de l'eau en abondance sur ses chaussettes, mais il n'en avait cure: il cherchait avec angoisse un lieu opportun où ils pourraient échapper à la violence et à l'impétuosité de l'orage tout en restant au sec quoi qu'il advienne. La course folle à travers le terrain était devenue hautement périlleuse, rendant chaque pas délicat afin d'éviter une mauvaise chute sur la roche dure et glissante. Tant bien que mal, nos héros continuèrent à dévaler la pente instable. La pluie était telle que l'air soufflée à chaque expiration se transformait en vapeur d'eau. Il devenait à présent difficile de poursuivre la descente à ce rythme: Romain et Simon haletaient bruyamment, leur corps étaient lourds et poisseux, et leurs mouvements étaient de plus en plus approximatifs et gauches. L'orage était désormais devenu tempête. Le vent s'était joint à la partie et glissait avec plaisir sur les visages mouillés des deux amis en les glaçant de froid. La pluie s'accumulait sur le visage de Romain et il devait sans cesse passer sa main devant ses yeux pour l'en débarrasser afin de voir lucidement les reliefs escarpés de la route. Ses chaussures devenues spongieuses accumulaient l'eau et alourdissaient encore plus sa démarche. Il regarda Simon et estima que son compagnon n'en menait pas plus large que lui. Mais à la grande surprise de Romain, un sourire se dessina sur le visage de Simon. Peut-être était-ce un rictus d'énervement ou de peur qu'il interprétait mal. Son ami lui cria dans les oreilles pour couvrir la pluie battante:
- Regarde à droite. Cette grotte a l'air d'être assez en hauteur pour que l'eau ne s'y infiltre pas.
- Et comment comptes-tu y rentrer ? grimaça Romain. Elle doit être à deux mètres de haut. Et avec la pluie, bonne chance pour escalader.
- C'est là que mon génie intervient.
Il se postèrent devant la grotte. Romain essaya d'escalader avant que Simon ne puisse dire quoi que ce soit. Mais sitôt qu'il posa son soulier sur le mur rocheux, celui-ci glissa et Romain aurait bel et bien pu se rompre un os sur le sol dur et incisif si Simon ne lui avait pas porté secours.
- Tu es saoulant. Tu ne peux pas tenir en place cinq secondes, l'admonesta-t-il alors qu'il l'aidait à redescendre.
Romain se passa de répondre quoi que ce soit. Il encaissa le regard noir de son ami en dandinant de la pointe des pieds. Simon lança la pokéball de Mimigal par-dessus le mur rocheux. Il s'étonna d'être au sec tandis que devant lui se propageait une vision apocalyptique proche du déluge de Noé.
- Ecoute-moi, cria Simon. Il faut que nous rentrions dans cette grotte au sec. Pour cela, il faut que tu nous envoies une sécrétion très collante sur nos mains et sur nos pieds. Grâce à ça, nous devrions pouvoir grimper sans glisser.
L'araignée hocha la tête et visa avec précision les membres de Simon et Romain qu'il aspergea copieusement. Leurs mains et leurs pieds ainsi empaquetés, ils commencèrent avec prudence leur ascension. Ils atteignirent avec soulagement l'entrée de la caverne où ils goutèrent avec délice son air humide, certes, mais dénué d'eau. Ils conclurent que la première chose à faire était de se réchauffer et de se défaire de leurs habits trempés et de se changer rapidement. La tâche se révéla ardue, tant le coton était collé à leur peau. Pendant ce temps, Romain avait appelé Salamèche qui avait fait de son mieux pour défaire la pièce de son humidité en crachant des flammes sur les parois. La chaleur du jet de flammes eu rapidement raison de la fraicheur des parois, qui expira en un frêle nuage de vapeur d'eau. Ainsi séchés et réchauffés, nos deux amis s'assirent autour du feu qu'avait créé Salamèche grâce au bois sec que Simon avait conservé dans son sac. Romain n'avait jamais compris son obstination à vouloir s'enticher de ce poids mort ; mais cette nuit, il louait le ciel d'avoir donné tant de prévention à son ami.
- Cet orage est sacrément embêtant, commença Simon pour rompre le silence. Il faudra non seulement attendre que la pluie cesse, mais également que la route sèche.
- Nous sommes en été, cela ne devrait pas être long.
- Tout dépend de la durée de cette averse. Elle renferme toute l'eau s'étant évaporée ces derniers jours à cause de la chaleur.
Les réflexion sur la pluie et le beau temps avaient l'art de facilement endormir Romain. Mais l'écho du tonnerre l'obligeait à garder ses yeux ouverts et à supporter cette conversation assommante. Et même lorsque ce dialogue fut clos et qu'ils se décidèrent à dormir, la voix baryton du tonnerre créait une barrière entre son esprit et le monde des rêves.
A un moment, il cru que les bras de Morphée allaient enfin l'emporter, mais un inexplicable poids meurtrissait l'un des siens. Le feu était éteint et l'obscurité de la grotte l'empêchait de discerner la forme et les couleurs de son agresseur. Une réaction primitive s'empara de lui.
Violente.
Incontrôlée.
Commandant ses mouvements et ses pensées.
Romain se débattait comme une bête blessée face à cet ennemi invisible. Il poussait de faibles grognements et tentait de déplacer cette masse invisible. Soudain, le bloc prit conscience que quelqu'un l'agressait. Il tourna la tête. Des yeux bleus et perçants traversèrent l'obscurité. Le hurlement de Romain se perdit dans l'écho de la caverne.
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