Chapitre 40 : Blessures - A la découverte de Kahino ! - Fanfics - Pokémon Espace

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A la découverte de Kahino !

Informations

  • Auteur : Nathan84
  • Catégorie : Pokémon
  • Chapitres : 43
  • Commencée le : 24 juin 2010
  • Commentaires : 25
  • Lectures : 436
  • Statut : En cours
  • Dernière mise à jour le : 29 avril 2011

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Chapitre 40 : Blessures

A la découverte de Kahino ! - CHAPITRE 40 : Blessures

Tais-toi, je veux dormir.
Simon envisagea d'enfouir sa tête sous son sac de couchage pour se priver des bruits de son insupportable ami, mais cette idée se révéla désastreuse et il fut obligé de s'en extirper afin de réveiller Romain qui continuait d'hurler comme si la mort était en face de lui.
Ce n'était pas la mort, mais Romain trouvait que cette vision s'en approchait beaucoup. Les deux yeux bleus continuait de le fixer, sans trahir aucune pensée : la mort n'a pas de pensée.
Simon parvint à trouver la boîte d'allumette présente dans son sac et l'ouvrit. Mais l'obscurité n'est pas propice à ces petits tours de passe-passe visant à la chasser. Aussi, elle empêchait si bien Simon de distinguer la boîte que celle-ci s'ouvrit dans le mauvais sens, répandant une multitude de brindille ornées de rouge par terre.
De petits cliquetis parvinrent aux oreilles de Romain qui les identifia comme le crissement des os de la mort, qui soulevait lentement sa faux pour frapper et ôter la vie du jeune garçon. Son hurlement n'en fut que plus retentissant.
Simon se pencha et tâta le sol afin d'attraper une allumette qui aurait, par chance, finit sa chute proche de lui. Il sentit l'une d'elle, la ramassa et la fit crisser contre le paquet. L'embout s'embrasa dans un fin crépitement.
Une flamme s'alluma à quelques mètres de Romain. L'espace d'un instant, il crût, que son âme, représenté par cette flamme, s'envolait, arrachée de force par la faux aiguisée de la mort. Mais en voyant se dessiner le visage de Simon derrière celle-ci, il se rassura et cessa son hurlement, presque honteux de sa crédulité.
Dès que la lumière fut, Simon put contempler son ami, qui semblait enfin calmé. Son regard dériva sur le long de son corps et sur une masse ovale qui obstruait la vision de son bras.
- C'est bon, du calme, c'est juste un Galekid, expliqua Simon d'un coup d'œil expert.
- Galékid ou pas, il m'a foutu la trouille et pèse près d'une tonne : je ne sens plus mon bras.
- Soixante kilos environ, rectifia Simon. Ce que tu es douillet quand même.
Romain retenu une insulte : même si le poids qu'il avait donné était erroné, une chose était sûre, c'est que si son bras avait été libre, il lui aurait décroché la mâchoire de son ami avec plaisir. Il tenta une approche plus magnanime.
- Bon d'accord, Ô grand ami des sciences et si juste connaisseur de pokémon, pourrais-tu m'aider à enlever ce Galékid qui est en train de broyer mon bras ?
- S'il-te-plait, corrigea Simon.
- S'il-te-plait, reprit Romain d'une voix sarcastique.
- S'il-te-plait, mon cher et vénéré maître, poursuivit Simon, hilare.
- S'il-te-plait, abruti, aboya Romain.
Simon jeta l'allumette dans les restes du foyer qui s'embrasa faiblement. Il fouilla dans son sac et en sortit sa dernière bûche afin d'en alimenter le feu. Il se tourna vers Romain et soupira :
- Bon, bon, pas la peine de t'énerver.
Il attrapa les deux pokéball situées à sa ceinture et les lança d'un geste expert. Mimigal et Germignon apparurent, visiblement endormi étant donné qu'ils restaient couchés.
- C'est ce que j'appelle une équipe au pied levé, ironisa Romain malgré la douleur qui l'accablait.
- On ne peut vraiment compter que sur soi même, rumina Simon en rappelant les deux dormeurs.
Il s'approcha de son ami, s'accroupit et se plaça face au Galékid. Il constata avec un certain désarrois que celui-ci s'était endormi, malgré le tintamarre de Romain. Il envisagea de le faire basculer en appuyant dessus et se mit à l'œuvre. Plaquant ses mains contre la carapace grise et métallique du petit pokémon, il poussa avec toute ses forces disponibles le pokémon armurfer. Tel un tennisman lançant un coup droit dévastateur, il cria à déboucher les oreilles d'un sourd. Le pokémon acier vacilla et tomba sur le flanc. Simon se porta aussitôt au chevet de son ami et remarqua son bras strié et parcourut de tâches bleutées. Romain tenta de bouger son membre mais le moindre mouvement lui provoquait une douleur atroce.
- Je dois avoir une fracture, gémit-il.
- Non, sûrement pas : tu n'as pas reçu de choc. Cela doit être une blessure musculaire dû à une torsion. Je ne peux pas te fabriquer d'attelle maintenant, mais dès que la pluie aura cessée, je chercherais de quoi en fabriquer une.
- Merci, souffla Romain.
Simon regarda si Galékid était réveillé et vit avec consternation que celui-ci dormait toujours du sommeil du juste. En s'approchant, il constata avec effroi que son ventre était parcourut d'une large plaie, certes sèche, mais récente, parcourant son thorax, s'ouvrant sur les côtes et se terminant sur l'abdomen. Il devint comme fou, balbutiait de manière intelligible. Romain capta son soudain énervement et constata à son tour le terrible tableau qui s'étalait devant lui.
Simon parvint à rassembler ses esprits et articula:
- Il faut impérativement l'amener dans un centre pokémon. Quel imbécile je suis, moi qui croyais qu'il s'était endormi alors il s'est évanoui. Il risque de sombrer dans le coma, étant donné la gravité de la blessure.
- Mais que veux-tu faire ? Je suis cloué ici et il pleut des trombes d'eau. L'eau coule de la montagne comme un torrent.
- Il risque de mourir si on attend trop longtemps, rugit Simon. Si quelqu'un peut le sauver, c'est moi.
- Je suis peut-être un imbécile à tes yeux, mais je sais faire preuve de prudence de temps en temps. Attends au moins que la pluie cesse ou se réduise d'intensité.
Simon considéra son infortuné ami d'un profond regard :
- Tu devrais le savoir, je suis toujours le premier à recommander la prudence, mais de temps en temps, il faut savoir pénétrer dans l'inconscience sans se retourner et penser à soi. C'est un juste un bon compromis.
Il baissa la tête et cacha ses yeux que des larmes faisaient scintiller.
- Je ne le laisserais pas nous quitter.
Sur ces mots, il contourna le corps allongé de Romain, se pencha et attrapa une pokéball enfouie dans son sac.
- Je n'aime pas l'idée de devoir capturer un pokémon sans qu'il ne m'ait combattu, mais je n'ai pas le choix.
Il enfonça le bouton central de la balle rouge et blanche qui s'ouvrit afin d'happer le malheureux pokémon dans un rayon de gueules. Simon se redressa et se dirigea vers l'entrée de la caverne.
- Je ne serais pas long.
- Je l'espère pour toi, sourit Romain.
Simon sauta et disparut de son champ de vision. Romain retourna sa tête et contempla le plafond de la caverne, illuminé par le feu mourant. Son bras était lourd et une douleur continue était transmise à son cerveau. Exténué, ses yeux se fermèrent et il sombra dans un profond sommeil.

*
* *


Simon amortit sa chute en fléchissant les genoux. Il amorça sa course en rebondissant souplement. Dévalant à présent la pente vertigineuse de la Route 3, Simon ne se retourna pas pour regarder l'entrée de la caverne juchée à deux mètres de haut. Fixé dans son objectif, il étreignait l'horizon de son regard, espérant voir apparaitre à travers le rideau de pluie le bois de Métropolis.
Il ne sentait pas la pluie battre son visage, ni le souffle glacé de la tempête qui ralentissait pourtant son allure. Il ne sentait pas la route constellé de gravats, de pierres écorchées et de creux rocailleux qui entravaient sa marche et qui manquèrent à bien de reprises de la faire tomber. Il ne sentait pas l'expiration saccadée de ses poumons, les battements brutaux de son cœur et la douleur incessante que lui prodiguait chaque pas et qui éreintait ses jambes.
Tout cela était véniel comparé à la volonté et à la vigueur que lui insufflait le devoir. Simon ne courait pas, il volait. Il volait vers son objectif, vers l'asile que lui offrirait le centre pokémon et vers le sauvetage de Galékid.
Un soupir de soulagement brisa le rythme de sa respiration, un sourire se forma sur son visage : la forêt était en vue, dernière barrière entre l'hostilité du monde sauvage et le confort de la ville. Il était proche de son objectif.

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