Pokémon 3 : Le sort des Zarbi - Pokémon Espace

Inscription
h

Pokémon III : Le sort des Zarbi

Pokémon Espace » Section Cinéma » Pokémon III : Le sort des Zarbi

Informations

Critique

Il est de ces films Pokémon que l'on oublie pas. Certes la plupart restent dans nos coeurs, mais seuls certains parviennent à surpasser la surface que certains jugeront peut-être de niaise de la série animée. Non, ce qu'il faut à un film Pokémon pour qu'il soit bon, c'est un ensemble de problématiques, de questionnements sur lesquels les spectateurs se penchent lorsqu'ils le regardent. Et cela tombe bien puisque pour ce Pokémon III plus que pour quasiment tous les autres, de grandes questions philosophiques sont posées.

En ce qui concerne le scénario, vous retrouverez donc Molly, une jeune fille quelque peu ésseulée par son père, le professeur de renommée Spencer Hale, qui a été l'un des élèves les plus talentueux du Professeur Chen. Celui-ci part en effet très régulièrement à la quête d'informations sur les mystérieux Pokémon Zarbi, sur lesquels on en apprendra beaucoup tout au long de l'histoire.

Au cours d'une de ses expéditions, le professeur trouvera une étrange boîte dans laquelle se trouvent de petites plaquettes carrées gravées de signes Zarbi, qui au moment où il les prend dans ses mains commencent à briller. Le professeur disparaît alors mystérieusement. Son collègue de travail, nommé Skyler, ramène cette mystérieuse boîte dans le magnifiquement réalisé manoir familial. La petite Molly apprend alors cette tragique disparition, et décide d'ouvrir la fameuse boîte. Elle comprend alors que ces formes se traduisent pas des lettres et décide d'écrire « PAPA ET MAMAN », en émettant le souhait qu'ils soient présents à ses côtés.

C'est alors que le mystère des Zarbi commencent. Ceux-ci débarquent en effet dans la dimension du « monde réel » et réalisent tour à tour tous les souhaits formulés consciemment ou pas par la jeune fille. C'est alors que les ennuis commencent...

Il est important de remarquer que l'architecture de ce manoir a fait l'objet d'un soin tout particulier et, même s'il n'atteint pas les sommets dans ce domaine que l'ont pu d'autres films, permet de donner un cachet certain à cet univers, à la fois poétique et qui ne peut faire que rappeler les époques féodales, où se déroulent bon nombre de comptes de fées et autres fables, cette même atmosphère très récurrente dans les films d'animation Pokémon.

Mais, comme je le disais au début de cette critique, ce qui caractérise Pokémon III : Le sort des Zarbi est surtout les notions philosophiques qui s'en dégagent : l'amour, la famille le désir et la vérité sont ainsi des thèmes ouvertement abordés, sans toutefois tomber dans le politiquement incorrect puisque le tout reste bien évidemment axé sur des exemples sains d'esprit.

La petite Molly se retrouve en effet confrontée à ses désirs ; elle est heureuse de retrouver son père, matérialisé par Entei, et sa mère par Délia, en réalité celle de Sacha, qu'elle a vu à la télévision et que le Pokémon légendaire s'empressera de lui rapporter. Un autre point intéressant du film est la forme elliptique que prennent les Zarbi, dans diverses configurations, pour créer le « moteur central » des rêves matérialisés de l'enfant. Celui-ci permet d'en savoir un peu plus sur ces mystérieux Pokémon, dont notamment leur puissance collective, et les réalisations que celle-ci engendre.

Car le monde autour du manoir a complètement changé d'apparence ; à la place des vertes étendues de la ville de Greenfield, se sont imposées des couches successives de glace, qui laissent apparaître de tranchantes et omniprésentes croches parsemées ça et là, et notamment autour des deux tours de l'édifice central. Ce phénomène, appelé « glaciation » par les populations voisines et qui s'accentue tout au long de l'histoire, peut aisément être comparé au coeur glacé de la jeune fille. Une autre hypothèse de cette utilisation de la glace pourrait être de la lier au souhait d'intemporalité de son rêve.

Quant à la bande sonore, rien à redire, tout a été comme d'habitude bien travaillé ; on notera tout de même quelques fausses notes du côté de la traduction française, puisque le professeur Chen semble avoir changé de voix en cours de route, et que Skyler emprunte quant à lui la voix de Pierre. Néanmoins, les musiques, traditionnellement orchestrales, réhaussent comme d'habitude le niveau, avec une mention spéciale pour l'extension du thème de fin qui n'est présente que dans le film, puisque celle-ci peut facilement donner des frissons.

Pour couronner le tout, soulignons au passage que ce film est parsemé de petites interventions très sympathiques de la Team Rocket, qui savent distraire et qui parfois prêtent au sourire ; il leur arrive à plusieurs reprises dans le long métrage de parler de la place qu'ils occupent dans ce film, de celle qu'ils occuperont dans le prochain ou encore de leur contrainte d'aider Sacha sans quoi ils n'apparaitront plus à la télévision... Elles sont bien amenées et ponctuent, rythment à merveille les passages importants du film. Au niveau des personnages toujours, saluons au passage l'apparition remarquée de Pierre et Ondine, qui sont placés idéalement autour de Sacha, qui n'éclipse pour une fois pas ses deux camarades de voyage ; vous aurez en effet droit à deux matchs de chacun d'entre eux les opposant aux Pokémon imaginaires de Molly, et cela satisfaira leurs plus grands fans.

Au final, ce Pokémon III s'avère être une très bonne surprise. Dernier film Pokémon diffusé au cinéma en France, il ne s'en révèle pas moins être certainement l'un des meilleurs de la série, tant sa profondeur relève du génie et ses questionnements justes et intéressants, même pour une grande personne qui saura sans grande difficulté en relever les fondements. À ne pas rater donc !

Carte promotionelle

Une carte promotionelle du film a également été distribuée lors de la diffusion au cinéma du film, pour toute place achetée. Elle est bien évidemment très rare de nos jours :